Mon corps après les confinements

L'insatisfaction avec son propre corps existe depuis bien avant le confinement. Cela fait partie de notre savoir-être en société : se préoccuper du regard de l'autre, qui importe peu, et oublier son propre regard, qui importe trop. Ainsi se créent les stéréotypes, et la beauté naturelle se perd dans les manipulations bruyantes de celle artificielle.



À l'image d'autres phases de ma vie, à l'issue de deux confinements et d'un couvre-feu confus et perpétuel, j'ai recommencé à ignorer mon corps. Par peur de le trouver ... moche, je suppose. Je ne sais pas, la réalité c'est que je n'y pensais plus. Tout simplement, sans y réfléchir, j'ai cessé de me regarder au miroir et j'ai commencé à éprouver une sorte de culpabilité silencieuse lors des repas. Pourtant, de pouvoir se nourrir c'est une expérience à célébrer, d'avoir un corps en santé, qui a de l’appétit, est une grande chance !

Hélas, je commençais à oublier cela ...


Mais un jour, sans faire exprès, je me suis aperçue dans le miroir. J'ai croisé mon propre regard, et toute cette ombre qui s'était jetée subtile sur moi, m'est sauté à l’évidence. De suite, j'ai donc tenté l'expérience de me mettre nue devant mon reflet, et de me regarder, crue et dure. Et ça s'est révélé, que le monstre que je m'imaginais, n'était pas là.


Pour voir ma nouvelle beauté cependant, j'ai dû taire la voix de notre société et prendre le temps de voir avec mon propre regard. Et c'est touchant car, en le faisant, je me suis aperçue que c'est le même regard bienveillant que j'utilise envers toutes les personnes autres que moi ! J'imagine que c'est pour ça que je vois, en général, un monde si beau dans mon entourage. Maintenant, à nous de jouer pour voir un monde tout aussi beau à l'intérieur de nous-mêmes … et dans les formes transitoires et vivantes de notre corps !

Poèmes : une histoire de coïncidence

J'avais déjà écrit le poème Mon corps après les confinements, quand j'ai commencé le tournage de la vidéo du même titre. Je me filmais en écoutant une compilation de cinquante minutes de musique, quand soudain, j’entends parmi deux morceaux, un poème qui me donne des frissons. J’entends une voix chanter avec ses propres mots, tout ce que j'étais en train de filmer. À l'issue du tournage, je recherche mot par mot pour retrouver ce poème : No Images de William Waring Cuney, avec la sublime interprétation Images de Nina Simone.

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