• Sarah Poli

La vieille, pas jalouse, qui ne veut pas d'enfant …


C'est le résumé qu'un ex a fait de moi dans une soirée arrosée, lorsque je rencontrais son meilleur ami.


Je venais d'avoir 31 ans, mais j'étais 5 ans plus vieille que lui... ce qui doit justifier le titre de « vieille ».



La jalousie, je n’y ai jamais cru : d'en avoir ou d'en être victime ne traduit qu'une relation dans laquelle on manque de confiance en soi ou en l'autre. C'est un sentiment ego-centré que je n'arrive pas à identifier à l'amour … cela doit justifier le titre de « pas jalouse ».




Et les enfants … je n'arrive pas à les planifier, ou à y penser comme un projet. Un être, même sorti de mon ventre, n’appartient qu'à lui, et je n'arrive pas à envisager de manipuler l'arrivée d'une vie dans ce monde – déjà si peuplé – juste pour l'appeler « mienne ». Notre planète est remplie d'enfants et d'adultes carencés d'amour, et j’apprécie ma capacité à tous les aimer, sans privilégier celui qui porte mon ADN… je ne ressens pas le besoin d'avoir « mon enfant » car je me sens connectée à tous les enfants... Et si un jour je tombe enceinte (j'aime bien cette expression tomber, le hasard sage de la vie) cela sera bienvenu, et si je ne tombe pas enceinte, cela sera bienvenu aussi... et ça, c'est ce qui doit pauvremente se traduire en « ne veut pas d'enfant ».


La personne qui a porté ce jugement se considère comme féministe … et pourtant voilà qu'une femme un peu plus âgée que son copain pose problème. Qu'une femme sûre d'elle au sein de son couple pose problème. Qu'une femme qui n'a pas le baby-clock ticking alors qu'elle est dans sa trentaine, pose problème... Sommes-nous vraiment féministes alors ?


C'est peut-être l'Ego qui nous rend insensible au féminisme puisque, dans cette anecdote, tout ce que j'ai entendu véritablement c'était :

"Celle qui est plus âgée que moi, qui ne me met pas au centre de son monde et qui n'a pas les mêmes envies que les autres (c'est à dire - moi)".


Moi, moi, moi ! Mon enfant, ma femme, mon copain, ma famille... franchement, cette notion de possession et d'élitisme dans notre société me dépasse.

Mais ces sont bien les adversités qui éveillent l’émancipation et si je me réapproprie de cette histoire, de ce jugement, en enlevant l'égocentrisme et les préjugés présents dans ce résumé, je le vois ainsi :

"Celle qui cherche à avoir l’âge de son âme, qui accepte le choix et la liberté d'autrui et qui vit la vie avec naturalité".


… Et pour ce compliment je dis, merci.


L'année dernière, j'avais publié un texte sans correction, pour la Journée des Droits des Femmes, pour assumer mes erreurs. Cette année, je continue dans cette démarche en assumant l'image de ma fragilité, par cette histoire, et de mon intimité, par une vidéo intimiste qui évoque mes règles et qui montre mon corps plus à nu que d'habitude.

En espérant que l'intimité féminine cesse un jour d'être tabou (YouTube maintient sa position d’empêcher les vidéos qui traitent du cycle féminin, par exemple, d'être monétisées) et que chaque femme puisse apprendre à aimer ce qu'elle est ...et ne pas ce qu'on s'attend qu'elle soit.


En vous souhaitant une belle journée, mois, année et vie des Droites des Femmes,

et en espérant avoir été le plus sincère et intime possible,

Sarah

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